Directrice d’une compagnie, femme de caractère dotée d’une personnalité généreuse, metteur en scène, auteur, professeur, Dominique Serron, de par ses expériences de vie, est une femme indépendante et respectée. Au fil de sa carrière, elle a développé une vision particulière et un langage théâtral propre ; aujourd’hui elle se bat pour faire vivre sa compagnie et défendre ses idées.

C ’est lors d’une représentation de Béjart à Forest National que Dominque Serron, alors âgée de 10 ans, tombe sous le charme du monde du spectacle : « Je me suis dit, c’est ça que je veux faire plus tard ! J’étais touchée par cette relation au langage du théâtre total qu’il y avait dans les ballets de Béjart. » Grâce aux cours d’arts dramatique (Louis Verlant) et de danse classique (Raymond Heux), Dominique Serron prend conscience du lien important qui unit la danse au théâtre. « Ce que mon prof d’art dramatique me demandait, j’allais le chercher dans mon corps, exactement au même endroit que le langage de la danse. » A partir de ce moment, Dominique met en place un atelier et commence à développer son propre outils, sa recherche du corps parlant.

En 1986, Dominique crée la compagnie de l’Infini Théâtre. C’est durant sa licence en études théâtrales qu’elle commence à ressentir la cohérence de son travail. « J’ai senti un accomplissement dans la réflexion théorique et l’anthologie des mises en scène. »  Le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine et la danse-théâtre de Pina Bausch ont contribués à l’affirmation de cette identité artistique. Son travail se centre sur le texte mais est initié par le corps : une théâtralisation vivante et moderne qui ne se prive pas de soliciter tous les ressorts du jeu.

Primée à plusieurs reprises, elle a accompli aujourd’hui une centaine de mises en scène. Nous citerons les principales : Alice, As You Like It, Shakespeare, Lady Will (d’après Shakespeare), Le Decameron (d’après Boccace), Iphigénie (Racine), Le Conte d’Hiver (Shakespeare), Lolita (d’après Nabokov), Le Jeu de l’Amour et du Hasard (Marivaux), La Princesse Turandot (Gozzi), No Body Else (création), Romeo&Juliet (Shakespeare),Carmen (l’Opéra), L’Auberge du Cheval Blanc (réecriture), Les 1001 nuits (adaptation), Le Cid (Corneille), Carmen – la Véritable Histoire (d’après Mérimée), Ubu Roi (Jarry), les Justes/lu (Camus), Le Misanthrope (Molière), le Sacre et l’Eveil (d’après l’Eveil du printemps de F. Wedekind et des extraits du Sacre du printemps de I. Stravinsky) et, Désir, Terre et Sang (d’après Lorca) en collaboration avec Les Balladins du Miroir.

L’Infini Théâtre compte donc aujourd’hui une trentaine de spectacles et fonctionne comme un centre de création en « spirale » où la pratique est sans cesse nourrie d’une réflexion théorique qui elle-même oriente les formations qu’elle dispense dans les écoles. Un choix de répertoire sans concession ouvre le chemin d’un dialogue fondateur qui interpelle les publics toujours nombreux au rendez-vous.